samedi 20 juillet 2019

Hommage à Colette Goujon… Une habitante de Damville

Damville : Mme Colette Goujon nous a quittés.

C'est en toute discrétion qu'ont eu lieu ses obsèques, mardi le 16 juillet 2019, en l'Eglise St-Evroult de Damville.
Je tiens à lui rendre un hommage mérité.

Colette Goujon était une personne discrète, elle a vécu les dernières années de sa vie au Village-Retraite de Damville.
Je ne vais pas revenir ici sur ses années de jeunesse qui furent tourmentées, étant née dans une famille de gens du voyage : elle m'avait montré, dans son vieil album de photos, des images où l'on voit ses parents au côté de leur antique roulotte en bois, tractée par un cheval… Une vie rude, m'avait-elle dit, et pourtant heureuse.

Colette Goujon et sa famille de circassiens avaient échappé par miracle aux rafles policières du régime de Vichy dont on connaît les lamentables exactions. La vie ne fut pas facile pour cette famille qui a vécu longtemps en marge, subissant l'ostracisme bien-pensant, alourdi par d'innombrables et tenaces préjugés.

Quand nous sommes arrivés d'Espagne, en 1992 pour nous installer à Damville, avec ma tante, l'Écrivain Mme Dominique Aubier, nous nous sommes installés aux Minières. Nous recherchions une employée de maison. Je me souviens que plusieurs personnes bien intentionnées nous avaient déconseillés formellement d'engager Colette Goujon… « Compte-tenu du fait que… »
— Compte-tenu du fait que quoi, avait répondu Mme Aubier. Compte-tenu des préjugés ? Des préjugés fondés sur quoi ?
Sur des rumeurs ? Sur des preuves ? Sur des suspicions ? Ou plutôt sur un délire ?

C'est donc précisément pour couper court à ces insinuations que nous avons engagé Colette Goujon, qui résidait, elle aussi, aux Minières, avec son frère que tout le monde appelait « P'tit Claude ». Un brave garçon qui avait la main sur le cœur et qui nous a rendu bien des services.

Nous n'avons jamais été déçus.
Pendant plus de 10 ans, jusqu'à sa retraite, Colette Goujon a travaillé pour nous. Toujours à l'heure, pas une seule absence. Scrupuleuse et de confiance, elle soignait son travail et entourait Mme Aubier d'une grande gentillesse dans ses rapports au quotidien.
Et moi, je m'entendais fort bien avec elle.
J'appréciais son sens de l'humour et son franc-parler.
Elle en a vu passer, du « beau monde » dans cette maison : artistes, peintres, cinéastes, scientifiques, chercheurs, journalistes… Et tel député, sénateur, et même… ministre qui a pu s'entendre dire que oui, c'est une fille des gens du voyage qui vient de lui servir le thé et le gâteau qu'elle a elle-même préparé, et qu'il serait peut-être temps de réfléchir à un meilleur respect de ces concitoyens qui continuent de subir d'invraisemblables ségrégations.

J'ai apprécié, pendant toutes ces années, l'élégance de Colette Goujon, le recul avec lequel elle parlait de sa vie : elle trouvait que finalement, c'était un destin qui s'écrivait là, estimant que c'était un privilège exceptionnel que la vie lui avait réservé, que de pouvoir travailler dans la maison d'un écrivain. Colette Goujon n'était guère lettrée, mais elle avait un grand cœur, et quand Dominique Aubier, spécialiste de Cervantès, lui avait expliqué « le secret de Don Quichotte » elle avait dit, je m'en souviens : « Votre Don Quichotte, Madame, il me plaît que j'aimerais bien le rencontrer… »

Colette Goujon fait partie de ceux que les médias appellent les « anonymes ». Est-ce être anonyme que vivre dans la modestie silencieuse ?
Colette Goujon était un être transparent habité d'une belle lumière. 
Je la remercie d'avoir été une amie.

P.S. Je ne publie pas ici de photo d'elle, car elle n'aurait pas aimé s'afficher à la vue de tous… 

vendredi 12 juillet 2019

L'Ambassadeur des Philippines en visite à Damville. José Rizal Project.

L'Ambassadeur des Philippines en visite à Damville.

Monsieur José Abeito, Ambassadeur des Philippines, est venu à Damville pour une visite privée amicale. En toute simplicité, une visite en Normandie, une halte à Damville, pour saluer un ami…

Au côté de mon ami M. Abeito Zaide, devant le portrait de José Rizal
M. José Abeito a été l'Ambassadeur de son pays en Inde, en Allemagne, en France, à l'Unesco, une longue carrière de diplomate de tout premier plan… 
L'amitié avec Damville  a commencé lors des enregistrements de la grande série radiophonique "Magellan, le Premier Tour du Monde" à laquelle il a participé en y apportant non seulement sa subtile connaissance de l'histoire de son pays, mais aussi sa fine maîtrise de la langue Tagalog (il a en effet interprété gracieusement le personnage de Enrique — Panglima Awan — dans la série). C'est également grâce à lui que plusieurs séquences d'enregistrement se sont déroulées dans les locaux de l'Ambassade à Paris qui s'est beaucoup dévouée pour cette création. L'occasion de rendre hommage à Magellan qui « découvrit » les Philippines il y a 500 ans…

D'autres épisodes de la série furent enregistrés… à l'Eglise de St Evroult de Damville dont la sonorité exceptionnelle a permis de belles prises de son. La série a été diffusé sur plus de 120 stations radiophoniques associatives en France, Belgique, Suisse, Canada et sur les ondes de la Radio internationale d'Espagne, dans le cadre de ses programmes francophones, diffusés par satellite. La série est maintenant disponible pour tous sur disque CD dans un beau coffret.
Une belle réussite à laquelle ont participé plusieurs personnalités Damvillaises, comme M. Cluizel, M. Callet, M. Saint-Loup, ainsi que des comédiens professionnels comme M. Nicolas Dégremont, Anita Covelli et Frédéric Thomas.

Le lien entre Damville et les Philippines est donc bien établi, que je confirme par cet ouvrage :
José Rizal, Don Quichotte des Philippines.
José Rizal est le héros national des Philippines (1891-1896). Médecin, écrivain, poète, il a mis au point une œuvre littéraire de premier plan tout inspirée par la modélisation de Don Quichotte qu'il a tenté de transposer dans le domaine politique et social. José Rizal est un personnage historique très remarquable, peu connu en France, dont on n'a pas mesuré le génie. Un livre lui est donc consacré…

Pour lui rendre un hommage mérité, j'ai traduit son poème « Mi ultimo Adios » publié dans la revue littéraire Revista Filipina, à Manille.




vendredi 5 juillet 2019

Une session artistique aux étangs de Damville par Alan, de l'Ecole de Cirque de Gouville.

L'espace de loisirs autour des étangs de Damville permet toutes sortes de rencontres : c'est ainsi qu'en ce début d'été bien ensoleillé, on a pu assister (gratuitement) à un superbe spectacle entièrement improvisé. L'Artiste Allan, venu de Rouen pour rendre une visite amicale au directeur de l'Ecole de Cirque de Gouville, M. Olivier Verger, s'est rendu avec lui sur les berges de l'un des étangs, pour une session… Répétition de numéros, exercices de cirquassiens en plein air, sous les yeux ébahis des passants, merles, hirondelles et bernaches qui n'en ont pas cru leurs yeux quand Allan (avec deux L) s'est soudain élevé dans les airs… Exercice de lévitation… prêt à l'envol, tout en puissance et grâce comme le montre la photo.
Allan donne des cours dans le cadre de l'Ecole de Cirque, dont on a vu mercredi soir le 4 juillet, le spectacle de fin d'année scolaire à la salle des fêtes de Gouville, salle comble où le public a été conquis par les performances artistiques remarquables des enfants…



Vu à Damville, dans l'espace de loisirs des étangs : mi homme, mi oiseau, l'Artiste Allan, de l'école de Cirque de Gouville.



lundi 1 juillet 2019

L'Ambassadeur des Philippines en visite à Damville. José Rizal Projet.

L'Ambassadeur des Philippines en visite à Damville.

Monsieur José Abeito, Ambassadeur des Philippines, est venu à Damville pour une visite privée amicale. Il est venu en toute simplicité, visiter la Normandie, une halte à Damville, pour saluer un ami…

Au côté de mon ami M. Abeito Zaide, devant le portrait de José Rizal
Une amitié qui a commencé lors des enregistrements de la grande série radiophonique "Magellan, le Premier Tour du Monde" à laquelle il a participé en y apportant non seulement sa subtile connaissance de l'histoire de son pays, mais aussi sa fine maîtrise de la langue Tagalog (il a en effet interprété gracieusement le personnage de Enrique — Panglima Awan — dans la série). C'est également grâce à lui que plusieurs séquences d'enregistrement se sont déroulées dans les locaux de l'Ambassade à Paris. L'occasion de rendre hommage à Magellan qui « découvrit » les Philippines il y a 500 ans…

D'autres épisodes de la série furent enregistrés… à l'Eglise de St Evroult de Damville dont la sonorité exceptionnelle a permis la création du feuilleton qui a été diffusé sur plus de 120 stations radiophoniques associatives en France, Belgique, Suisse, Canada et sur les ondes de la Radio internationale d'Espagne, dans le cadre de ses programmes francophones, diffusés par satellite. La série est maintenant disponible pour tous sur disque CD dans un beau coffret.
Une belle réussite à laquelle ont participé plusieurs personnalités Damvillaises, comme M. Cluizel, M. Callet, M. Saint-Loup, ainsi que des comédiens professionnels comme M. Nicolas Dégremont, Anita Covelli et Frédéric Thomas.

Le lien entre Damville et les Philippines est donc bien établi, que je confirme par cet ouvrage :
José Rizal, Don Quichotte des Philippines.
José Rizal est le héros national des Philippines (1891-1896). Médecin, écrivain, poète, il a mis au point une œuvre littéraire de premier plan tout inspirée par la modélisation de Don Quichotte qu'il a tenté de transposer dans le domaine politique et social. José Rizal est un personnage historique très remarquable, peu connu en France, dont on n'a pas mesuré le génie. Un livre lui est donc consacré…

Pour lui rendre un hommage mérité, j'ai traduit son poème « Mi ultimo Adios » publié dans la revue littéraire Revista Filipina, à Manille.




vendredi 21 juin 2019

Victoire pour Don Quichotte. Pour les amis de Don Quichotte à Damville…

Les Damvillais connaissaient bien l'écrivain Mme Dominique Aubier qui résidait aux Minières.
Auteure de quarante ouvrages, publiés aux éditions du Seuil, Robert Laffont, Ivréa-Gallimard etc., spécialiste des rites et religions du monde, elle a laissé, après son décès, plusieurs textes inédits parmi lesquels une très remarquable étude sur Don Quichotte dont elle a exploré les sources hébraïques et araméennes.
Experte de l'hébreu biblique et de l'araméen, elle a réalisé une série d'ouvrages magistraux faisant autorité.
Cet inédit est publié sous le titre : 
Victoire pour Don Quichotte.
Le Nec + ultra pour tous ceux qui s'intéressent à l'Esprit, à la Vérité spirituelle et au secret des textes codés.
"Pour les Amis de Don Quichotte" (et il y en a, même à Damville et Mesnils-sur-Iton).













mardi 5 mars 2019

Damville : une décharge de gravats en pleine ville…

Un spectacle désolant à Damville (Mesnils-sur-Iton).
Une affaire à suivre… 

En plein quartier résidentiel, une décharge de gravats, sur un terrain communal juste à côté de l'étude notariale de Damville. 

« Franchement, n'y a-t-il pas des abus ? » m'a dit un résident du quartier.
« De quel droit une entreprise de travaux publics  dispose-t-elle du terrain communal, (2000 mètres carrés) et de quel droit déverse-t-elle ici ses montagnes de cailloux et de sables ? » m'a demandé une résidente habitant juste en face. « Ce terrain n'est pas à lui et il se comporte en maître des lieux ».

Je suis allé voir de plus près et en effet, une horrible barrière métallique ainsi que des pylones de bétons couchés sur le sol en ferment l'accès. Je me suis renseigné et j'ai appris qu'il s'agit bien d' un terrain appartenant à la Commune de Mesnils-sur-Iton. Un entrepreneur de travaux a reçu le privilège de l'utiliser comme décharge, par une curieuse « générosité » accordée on sait au nom de quel principe.

— J'ai posé la question à un conseiller municipal. Il tombait des nues et n'était pas au courant. Intrigué, il a fait son enquête et quelques jours plus tard, il m'a dit, assez sidéré, qu'il existait en effet une sorte d' « accord verbal » entre l'ancien Maire délégué de la Commune et son ami entrepreneur. Je lui ai dit que nous aimerions tous que la Commune nous accorde le privilège d'exploiter gratuitement 2000 mètres carrés de terrain en vertu d'une largesse dont on ne comprend pas la raison d'être… Car enfin, il s'agit d'une entreprise qui génère de considérables bénéfices et qui n'a aucun besoin de subventions municipales. Ce serait provisoire m'a-t-on dit… cela dure depuis déjà plus de 8 mois. (Mis à jour 2021 : depuis 3 ans, sans que la nouvelle équipe communale, Opposition y compris, n'y trouve à redire.)

— « Quel horrible gâchis » m'a dit un habitant du quartier, ébahi devant les montagnes de terre et de cailloux. En pleine ville…  des tractopelles déversent des tonnes de cailloux… et quel vacarme tous les jours, dès 7 heures du matin. Je ne peux plus ouvrir mes fenêtres en raison de la poussière. Des nuages irrespirables de sable qui entrent dans la maison ».

« En hiver, le terrain municipal est dévasté, boueux, plein de flaques d'eau, défoncé par les camions et tracteurs à pelles. En été, des nuages de sables envahissent les maisons. Un désastre. »

« De quel droit ce terrain communal devient-il une décharge ? A-t-on le droit de poser la question ? » 
 
Aucune réponse officielle n'est donnée, et pour cause, puisqu'il s'agit d'un arrangement personnel de l'ancien maire qui n'a fait l'objet d'aucune délibération au conseil municipal. Ce qui paraît plus curieux, c'est que la nouvelle équipe, pourtant informée et composée de gens sérieux, trouve cela normal.

« Tout le quartier résidentiel de la Place de la Gare en est affecté car cela dévalorise la valeur immobilière des maisons et les locataires et propriétaires sont très mécontents. »

Le magnifique bâtiment de l'ancienne gare est à 20 mètres des gravats en perd tout son charme et que dire du bruit infernal des sirènes de marche arrière des tractopelles pendant des heures ?
(mise à jour : Entretemps, l'entrepreneur a enlevé la sirène en question. Mais le vacarme du tractopelle à 7 heures du matin raclant le sol n'en continue pas moins et l'exploitation qu'il fait du terrain communal dans son seul intérêt privatif n'en reste pas moins… illégale).

C'est triste pour la commune, peu respectueux des résidents et des personnes qui vivent et qui travaillent dans le quartier.

— J'en ai parlé au Maire délégué. Il m'a répondu, très gentiment : 
« tout le monde doit travailler ».

Je suis bien d'accord avec lui. Mais cet entrepreneur de T.P. pour qui j'ai le plus grand respect, est-il le seul à travailler dans le quartier ? Son noble travail de casseur de cailloux est-il plus important que celui des autres ? Pourquoi la Commune lui accorde-t-elle à titre personnel— et de quel droit ? — ce terrain ?
Du point de vue moral et éthique est-ce recevable ? D'aucuns pourraient appeler cela une subvention déguisée, dans l'entre-soi, pour une entreprise privée qui n'en a nul besoin.

Si un accident du travail devait par malheur se produire sur ce terrain, c'est la Commune qui serait responsable…

Qu'en pense la nouvelle équipe municipale de Mesnils-sur-Iton?
Le dossier a été soumis à Madame Colette Bonnard, nouvellement élue Maire de la Commune, afin qu'elle puisse mettre fin à ce qui apparaît pour le moins comme une énorme maladresse de son prédécesseur… J'ai pour elle bien de la sympathie, mais…
 
Mise à jour : 2021. La nuisance continue et l'exploitation du terrain se poursuit. Vraiment, il y a là quelque chose qui ne va pas. 

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Des tonnes de gravats en plein village,
Pylones de béton armé à même le sol avec les ferrailles dépassant aux extrémités, super-dangereuses.
Des nuages de poussières au moindre coup de vent.
Sur un terrain communal de 2000 mètres carrés occupé par une entreprise privée, « attribué » par complaisance ou naïveté…
Une décharge de gravats 
A 20 mètres des habitations…

Une affaire à suivre.


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dimanche 13 janvier 2019

Madame Bonnard, conseillère générale, a été élue maire de Mesnils-sur-Iton.

Les choses commencent à s'éclaircir à Damville… et Mesnils-sur-Iton.

Suite au rattachement de nouvelles communes qui ont rejoint la "nouvelle commune", un nouveau conseil municipal (composé de tous les conseillers de toutes les communes) a élu un nouveau maire.
Madame Bonnard, conseillère générale, Maire de Manthelon, a été élue maire de Mesnils-sur-Iton.
Nous lui adressons nos félicitations.

M. Jean-Pascal Levée reste maire délégué de Damville jusqu'à la fin de son mandat en mars 2020.
Il sera ainsi le dernier maire de Damville, cette commune disparaissant officiellement… après un millénaire d'existence.
D'un revers administratif, d'une décision irresponsable au regard de l'Histoire, notre chère commune se voit rayée de la carte au profit d'une "nouvelle commune" dont personne ne saisit l'identité. C'est une blessure — une dépossession. Une source de souffrance silencieuse, et aussi le sentiment d'avoir été tenu à l'écart de la décision… sous des prétextes de "mutualisation" et "d'économie"…
Economies qui restent à prouver et à trouver…

A l'heure ou l'on appelle à "plus de démocratie"; il serait important qu'au niveau local le plus immédiat la population soit considérée en partenaire de décision et non simplement sujet subissant les directives… de l'Etat.

En tout cas, l'élection de Mme Bonnard clarifie les choses (du moins provisoirement).

Pour l'instant, tout ceci se déroule en interne… et cette "nouvelle commune" de Mesnils-sur-Iton, depuis quatre ans, fonctionne sans avoir la réelle légitimité populaire, ayant été créée sans concertation, par l'usage de ce que l'on appelle pompeusement la "délégation de pouvoir".
Il est temps que les élections municipales donnent une légitimité claire à une équipe municipale élue par le peuple… On appelle cela… la démocratie.

Dans la mesure où ces fusions concernent l'organisation structurelle des communes, leur identité, leur raison d'être, je propose, dans le cadre du "Grand Débat", que les soi-disant "nouvelles communes" ne puissent se créer qu'avec l'assentiment des populations concernées, et que toute fusion communale fasse l'objet d'un référendum local et ne soit plus laissée à la seule discrétion des élus, soumis à la pression de l'Etat.

La création de ces unités intégratives plus grandes fait disparaître les petites structures… Autant d'élus en moins, autant de maires en moins, autant de contrepouvoirs en moins au bénéfice de la centralisation de plus en plus puissante…

A suivre… En mars 2020…


vendredi 16 novembre 2018

Le maire de Mesnils-sur-Iton démissionne.

C'est officiel, le maire de Mesnils-sur-Iton démissionne.
"Si c'est comme ça, je ne joue plus" dit-il en somme à la presse qui relaie l'information. On se croirait dans la cour de l'école primaire ou les garnements s'affrontent.

M. Levée l'a annoncé lors du conseil municipal dernier, emporté par une belle colère lorsqu'il apprit que Madame Bonnard envisageait de se présenter à la prochaine élection.
Une élection qui doit se tenir après que de nouvelles communes aient rejoint Mesnils-sur -Iton…
La seule annonce de cette éventuelle candidature a mis le Maire hors de lui. Mais est-ce la seule raison ? J'ai trouvé cela bien curieux et il m'a semblé qu'il devait certainement y avoir d'autres causes présidant à cette décision pour le moins inattendue.

Et en effet,  il existe quantité d'autres motifs à cette démission dont les citoyens ne sont pas informés. Depuis pas mal de temps déjà, la marmite bouillait. Voilà qu'enfin les choses éclatent au grand jour.
Un article sur le sujet, paru dans le journal Paris-Normandie, et la Dépêche accuse les conseillers de ne pas faire leur travail, de ne pas réunir les commissions, de ne pas ceci, de ne pas cela etc… Tout serait maintenant entre mains du Préfet de l'Eure qui a reçu la lettre de démission.
Ah là là… me suis-je dit : Pourquoi faut-il accuser les autres quand un regard quelque peu ajusté sur soi-même apporterait peut-être quelques réponses ?

Les conversations au café (rare lieu de démocratie encore survivant) vont bon train, et l'on entend toutes sortes de réflexions, frappées de bon sens. Voici ce que j'entends dire :
— Si le conseil municipal est à ce point incompétent comme c'est dit, que faut-il penser de son premier élu ?
— N'est-ce pas à lui d'impulser l'énergie aux commissions, de déléguer, d'organiser ?
— Sans doute n'est pas chef qui veut, et la nouvelle commune de Mesnils exige une attention différente. Mais cette "nouvelle commune" ne correspondant à rien… je comprends qu'il soit difficile de gérer une entité qui n'est qu'un amalgame de communes plus ou moins réunies de force pour des raisons financières sans réel projet…
— Après tout, il a bien fait de taper dans la fourmilière et de démissionner, pour que la vérité soit dite. C'est dommage qu'il ait attendu si longtemps.
— Je me suis souvent demandé comment, en tout respect de sa bonne volonté, monsieur le maire pouvait à la fois être maître d'école à Louviers, Maire de Damville, Maire de Mesnils-sur-Iton, conseiller à Intercommunalité… et père de famille… ce qui est déjà en soi, tout un métier.
— Peut-il s'investir sur tous les plans sans se disperser ? Peut-être il a voulu trop bien faire… Et puis cette nouvelle grande commune n'a plus rien à voir avec Damville… Chaque commune a son style, ses habitudes, ses arrangements…
— Gérer une nouvelle commune comme Mesnils-sur-Iton (qui regroupe une dizaine d'anciennes communes…) demande un contrôle puissant des dossiers et une capacité d'organisation toute différente. Cela demande un recentrage de l'autorité, un projet global cohérent… Et une capacité de résistance solide… Il faut être blindé… Surtout à une époque où les élus de proximité sont d'une part assez méprisés par les autorités et d'autre part fort exposés aux incessantes critiques d'une population impatiente…
— Il raison de partir. Il doit y avoir des appétits de pouvoir qui veulent sa place… Mais il faut saluer tout le travail accompli en peu de temps, très remarquable.
— Il est temps que la population s'exprime au sujet de la nouvelle commune. Depuis trois ans déjà, Mesnils-sur-Iton est dirigé par des élus qui se sont eux-mêmes désignés pour siéger au sein du nouveau conseil municipal. C'était une mesure acceptable à condition qu'elle soit provisoire mais cela fait trop longtemps que le peuple est tenu à l'écart de tout. Depuis trois ans ! Et c'est de là que vient le pataquès. Le peuple n'a pas été consulté ni associé à ce processus de regroupement. On ne peut pas continuer démocratiquement à gérer une commune dont aucun conseiller n'a été élu si ce n'est par une délégation secondaire qu'ils se sont eux-même attribuée. Alors qu'ils arrêtent de se chamailler et qu'ils se présentent enfin devant le peuple qui élira le nouveau conseil municipal. Mais cela n'aura pas lieu avant les Municipales. En attendant, les tractations entre élus des anciennes communes vont bon train…
Il est temps qu'une élection populaire ait lieu, alors le (ou la) maire, quel qu'il (elle) soit, aura alors un mandat clair, puissant et démocratiquement accepté.
— Allez, il faut du renouveau ! Il faut que cela bouge !


P.S. « Tiens, je me demande si je ne devrais pas me présenter moi-même… » me suis-je dis, lors d'un moment d'égarement, et j'en étais là dans mes pensées quand soudain, j'ai justement croisé M. Jean-Pascal Levée dans une rue de Damville. La poignée de main fut cordiale et chaleureuse, comme elle l'a toujours été, avec un homme de qualité et de cœur dont j'estime qu'il (a) fait de son mieux.


Phrase du jour :
"Pour ressaisir les rênes, il faut s'arracher au tourbillon…"
C'est du Général de Gaulle, dans ses Mémoires. A méditer.

Dominique Blumenstihl,
Damville 

Désastre à Damville dans le quartier de la gare

vendredi 9 novembre 2018

Mesnils sur Iton : démission du maire Jean-Pascal Levée.

Démission du maire de Mesnils sur Iton (Jean-Pascal Levée)


Gros "ras-le-bol" à Mesnils-sur -Iton…

A l'approche des prochaines élections municipales de la nouvelle commune Mesnils-sur-Iton (qui regroupe Damvillle, Condé, Manthelon, le Sacq, Roman, Granvilliers, Buis sur Damville, Morainville, etc) le débat démocratique s'ouvre. Tout est chamboulé depuis la création de la nouvelle commune, et les anciennes équipes municipales seront toutes dissoutes : il n'y aura bientôt plus qu'un seul maire, entouré d'un nombre restreint de conseillers.
L'actuel maire, M. Jean-Pascal Levée, propulsé à la tête de Mesnils suite au premier regroupement des "anciennes communes", entendait visiblement se présenter, mais lors du dernier conseil municipal, apprenant que d'autres candidats envisageaient d'entrer en lice, piqua une colère spectaculaire. Se plaignant de trahison — il annonça sa démission.
(C'est jeter l'éponge un peu rapidement… Nous verrons ce qu'en pense Monsieur le Préfet de l'Eure qui a reçu le lettre de démission…)
Une séance houleuse donc, selon les témoignages. Pénible même, tant on a vu se dresser là des susceptibilités à fleur de peau, et un manque de sérénité.

Pourquoi parler de trahison ? Pourquoi s'indigner si d'autres personnes désirent s'engager ? L'annonce d'éventuelles candidatures aurait tout aussi bien pu être saluée chaleureusement. Car cela prouve que l'esprit démocratique fonctionne bien, et que les citoyens ont envie de s'engager. Pourquoi le prendre comme un acte d'inimitié ? N'en déplaise aux colériques, ce n'est blesser personne que vouloir prendre une responsabilité publique, bien au contraire.
A Mesnils sur Iton, les gens se connaissent, se respectent, se parlent. Il existe ici un esprit de liberté, où chacun peut, s'il le désire, s'engager dans la vie publique.

Madame Bonnard a donc annoncé sa candidature à la mairie de Mesnils-sur-Iton.
Je considère que c'est une bonne nouvelle au regard de la liberté.
Conseillère générale, elle connaît bien les dossiers locaux. Personnalité respectée et appréciée, il me semble qu'elle est légitimée à se présenter, sans que cela puisse blesser qui que ce soit.

Et d'ailleurs, tout le monde a le droit de se présenter. Il faut du renouveau, puisque nous sommes dans une nouvelle commune.

Ensuite, à ne jamais oublier, ce sont les citoyens et citoyennes qui décident, en toute liberté.

M. Dominique Blumenstihl-Roth
à Damville,
Mesnils-sur-Iton

La suite dans un prochain Blog…
Vous pouvez laisser votre avis…


mardi 23 octobre 2018

Mesnils-sur-iton… La mort programmée des communes.

La mort programmée de la ruralité et des communes.

Certains affirment que le regroupement des communes serait un choix judicieux pour éviter la mort des communes.

C'est là un raisonnement qui justifie à l'envers une décision en la motivant a postériori.
Or c'est exactement le contraire : le regroupement supprime les communes, diminue le nombre des élus, centralise le pouvoir, et par conséquent organise la mort des petites communes qui se trouvent englouties dans des structures plus grandes où elles ne peuvent plus exprimer leur singularité.
Peut-on appeler cela un choix judicieux ?
Et le choix de qui ?
Par la population ?

Il s'agit bel et bien d'une disparition programmée des petites communes, et cela répond d'une ambition politique de centralisation. Il y aura moins de communes, moins de démocratie directe. Moins de proximité. Un mot qu'on utilise beaucoup… justement parce qu'il y en a de moins en moins.


Il suffit d'observer ce qui se passe à Mesnils sur Iton. Six communes regroupées, bientôt neuf ou dix. En conséquence, une dizaine de communes disparaissent, dix maires disparaissent — et donc autant d'électeurs en moins désignant les Sénateurs. Autre conséquence : les candidats à la Présidence de la République doivent réunir 500 signatures l'élus. En supprimant les communes, il y aura d'autant moins de signatures disponibles. A Mesnils sur Iton, un seul donnera sa signature au candidat de son choix, en lieu et place des six  et bientôt neuf Maires issus des communes composant la Nouvelle Commune. Autant d'opinions et d'expressions confisquées.
"Très judicieux" en effet.


J'imagine que ça doit être un sacré casse-tête pour les élus des communes et pour les agents administratifs dont j'admire la patience, pour gérer cette nouvelle entité.

C'est donc bien le regroupement — reposant sur une fiction économique — au mépris de l'Histoire, de la réalité culturelle et sociale, qui génère la mort des communes et de la démocratie en faveur des grands ensembles, dinosaures des temps modernes, dont personne ne sait qui fait quoi, qui est responsable de quoi…
Aucun habitant de Damville ne sait plus s'il est Damvillais ou Ménil-itonnais. Ce Ménils demeurant une fiction dans l'esprit de tous, n'ayant ni histoire, ni esprit de corps… C'est juste une invention administrative, pensée par quelque Enarque sachant tout sur tout, imposée à la population, sans concertation.

Et on nous dit maintenant que cela serait un choix ?
La contorsion sémantique est amusante.

Et maintenant un petit exemple de complication à Damville / Mesnils-sur-Iton :
Pour réparer la petite passerelle aux étangs de Damville dont le garde-corps en bois est cassé depuis six mois, à qui faut-il écrire ?
La Mairie de Damville ? La Mairie de Mesnils ? L'INSE ? Le Conseil général ? La Région ? Et pourquoi pas au Président de la République ?
Et qui va la réparer ? Avant qu'un gamin ne passe au travers et tombe dans le canal ?